“Pas du tout à la hauteur des attentes” : la FCFA sur les règles proposées pour appliquer la Loi sur les langues officielles

« Si ce document est adopté, 10 années de travail pour moderniser la Loi sur les langues officielles risquent d’avoir été en vain ». C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Liane Roy, concernant l’avant-projet de règlement proposé par le Secrétariat du Conseil du Trésor pour l’application d’une partie cruciale de la nouvelle Loi sur les langues officielles.

La FCFA comparaissait cet après-midi en comité parlementaire pour commenter cet avant-projet de règlement, qui porte spécifiquement sur la partie de la Loi où se trouve l’engagement du gouvernement à promouvoir et protéger le français, ainsi qu’à appuyer le développement des minorités de langue officielle. Le règlement sur cette partie de la Loi, une fois adopté, déterminera comment les institutions fédérales rempliront cet engagement.

« Quand les parlementaires ont voté pour moderniser la Loi sur les langues officielles, il y a deux ans, il y avait clairement un sentiment d’urgence par rapport au déclin du français et une intention d’agir pour freiner ce déclin. Les règles du jeu que propose le Secrétariat du Conseil du Trésor pour mettre en œuvre cette partie de Loi sont à des années-lumière de ce que cette intention des parlementaires », déplore Mme Roy.

Là où la nouvelle Loi a clairement reconnu que le français est vulnérable et a besoin de mesures spécifiques de protection et de promotion, l’avant-projet de règlement est muet sur cette approche différenciée.  Là où il faudrait aux institutions fédérales sur quoi faire et quels types de mesures positives prendre pour appuyer le développement des communautés francophones et acadiennes, l’avant-projet de règlement est excessivement vague.

La FCFA a émis des recommandations tangibles pour améliorer le texte. Elle insiste, par exemple, sur l’importance de demander aux institutions fédérales de développer des manières de mesurer concrètement les écarts à combler en matière d’égalité réelle entre le français et l’anglais, et de tout faire pour encourager l’inclusion de clauses linguistiques dans les ententes de transfert fédérales-provinciales/territoriales.

« Le Secrétariat du Conseil du Trésor doit absolument retourner à la table à dessin et surtout, il doit le faire en tenant mieux compte de ce que nos communautés ont à dire. Cela fait 50 ans que nous, les francophones en milieu minoritaire, vivons avec les failles de la Loi sur les langues officielles. Nos demandes sont basées sur notre expérience », souligne Mme Roy.


À lire : la FCFA a déposé aujourd’hui au Comité permanent des langues officielles des Communes un mémoire incluant ses demandes de modifications à l’avant-projet de règlement.

Sanctions administratives pécuniaires pour infractions à la Loi sur les langues officielles – mémoire de la FCFA

La Loi sur les langues officielles, modernisée en 2023, prévoit que le commissaire aux langues officielles peut imposer des sanctions administratives pécuniaires (SAP) aux institutions fédérales et entreprises de transport pour des infractions à leurs obligations linguistiques. À l’automne 2025, le gouvernement a présenté un avant-projet de règlement pour encadrer ce pouvoir d’émettre des sanctions.

La FCFA a publié un mémoire pour commenter l’avant-projet de règlement et recommander des modifications pour le rendre plus fort et mordant. Parmi les recommandations :

  • Alléger le processus d’enquête que devra suivre le commissaire aux langues officielles avant d’émettre une sanction;
  • Augmenter le plafond des sanctions pécuniaires prévues pour une plus grande dissuasion des entreprises délinquantes;
  • Appliquer le règlement à toutes les entreprises de transport assujetties à la Loi sur les langues officielles.

Lire le mémoire de la FCFA

La FCFA souligne le Mois de l’histoire des Noirs

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Liane Roy, a émis la déclaration suivante pour souligner le début du Mois de l’histoire des Noirs :

« En francophonie canadienne, les personnes noires sont leaders, artistes, gens d’affaires, enseignants et enseignantes, professionnels et professionnelles de l’administration ou de la santé. Au fil du temps, ils et elles ont contribué à faire vivre nos organismes et nos institutions et à faire rayonner le français au quotidien d’une multitude de manières.

Célébrer ces contributions et s’en inspirer est d’autant plus important que les obstacles et discriminations fondées sur la race demeurent beaucoup trop présents en ces temps marqués par une montée des discours intolérants. Mettre en lumière ces contributions, c’est affirmer haut et fort que notre francophonie est forte de la diversité qu’y apportent les personnes noires, ainsi que les immigrants et les immigrantes.

En ce Mois de l’histoire des Noirs, la FCFA propose un club de lecture sur le roman Le bonheur est un parfum sans nom, de l’auteur Didier Leclair. La Fédération propose une rencontre en ligne avec l’auteur le 25 février, à laquelle il est possible de s’inscrire.  C’est une des mille et une manières dont les francophones peuvent, durant ce mois, prendre la mesure de tout ce qu’apportent les personnes noires à rêver, créer et bâtir la francophonie ».

 

Nomination de Kelly Burke pour le poste de commissaire aux langues officielles : réaction de la FCFA

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada accueille positivement la nomination de Kelly Burke à titre de successeure de Raymond Théberge au poste de commissaire aux langues officielles. Le certificat de nomination a été déposé cet après-midi par Kevin Lamoureux, secrétaire parlementaire du leader du gouvernement en Chambre.

Pour la FCFA, c’est une nouvelle qui arrive à point nommé, puisque le Parlement s’apprête à étudier les projets de règlements qui doivent encadrer l’application de la nouvelle Loi sur les langues officielles.

« Nous sommes à une étape charnière et ce n’est vraiment pas le moment de laisser vacant le poste de commissaire aux langues officielles. Nous avons besoin d’une commissaire qui fera partie du processus pour veiller à ce que les règlements remplissent la promesse de la Loi sur les langues officielles modernisée », souligne la présidente de la FCFA, Liane Roy.

Francophone originaire de Cornwall, avocate de formation, Kelly Burke a notamment été sous-ministre adjointe au ministère des Affaires francophones de l’Ontario, avant de devenir commissaire aux services en français de la province en 2020. Sa nomination présente certainement bon nombre d’atouts, dont une connaissance des réalités des communautés francophones et acadiennes.

« La FCFA a été claire par rapport à ses attentes en ce qui a trait à prochaine commissaire aux langues officielles. Outre la connaissance de nos communautés, nous tenions à ce que la personne qui succéderait à Raymond Théberge connaisse bien la Loi sur les langues officielles modernisée et la nouvelle approche que celle-ci représente. Mme Burke coche plusieurs cases importantes et nous lui offrons notre entière collaboration », indique Mme Roy.

La nomination de Kelly Burke doit maintenant être avalisée par le Parlement. Lorsqu’elle entrera en fonction, la nouvelle commissaire disposera, grâce à la modernisation de la Loi, de nouveaux pouvoirs d’ordonnance et de sanction en cas d’infractions par les institutions fédérales. La FCFA compte sur le leadership de Mme Burke et l’encourage à utiliser pleinement tous les outils à sa disposition pour veiller au respect de la Loi.

La FCFA réagit au dépassement des cibles du Canada en immigration francophone pour 2025

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 La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada est encouragée de voir que le gouvernement fédéral a de nouveau dépassé – en pourcentages – sa cible en matière d’immigration francophone en 2025. Toutefois, en nombres absolus, le pays a accueilli, ailleurs qu’au Québec, moins de résidentes et résidents permanents de langue française qu’en 2024, montrant l’ampleur du travail qu’il reste à faire pour freiner le déclin démographique de la francophonie.

Aujourd’hui à Moncton, la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, l’hon. Lena Diab, a annoncé que 8,9 % des résidentes et résidents permanents admis en 2025 étaient d’expression française, alors que la cible était de 8,5 %. Cela représente 29 500 personnes contre 30 550 en 2024.

 

« Nous ne sommes pas encore où nous devrions être, mais nous progressons dans la bonne direction et la volonté politique, qui fait toute la différence, est là », a souligné la présidente de la FCFA, Liane Roy, qui était présente à l’annonce de la ministre.

Face à des critiques récentes, dans les médias de langue anglaise, des mesures prises pour favoriser l’immigration francophone, la FCFA a tenu à rappeler que ces mesures sont conçues pour un rattrapage après des années de stagnation où le Canada a accueilli, proportionnellement, beaucoup plus d’immigrants et d’immigrantes d’expression anglaise.

« Pendant plusieurs années, il y a eu un déséquilibre et comme résultat, le poids démographique de la francophonie a chuté. Or, maintenir un des traits fondamentaux de l’identité canadienne, c’est bon pour la souveraineté de notre pays », explique Mme Roy.

La présidente de la FCFA a aussi noté l’avantage économique majeur que représente la croissance, grâce à l’immigration francophone, de la main-d’œuvre bilingue du pays. « Nous avons la chance d’avoir pour langues officielles le français et l’anglais, parlés sur cinq continents. Alors que le Canada cherche à diversifier ses marchés et ses alliances, c’est un avantage stratégique crucial », souligne-t-elle.

À cet égard, l’emphase sur l’immigration francophone reflète un large consensus politique non seulement au fédéral, mais également au niveau des provinces et des territoires – qui bénéficieront d’ailleurs, comme l’a annoncé la ministre Diab ce matin, de 5 000 certificats de désignation supplémentaire, à condition de choisir des candidats et candidates francophones. C’est une nouvelle que la Fédération accueille positivement.

La FCFA estime aussi important qu’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada continue à renforcer les capacités des services d’accueil et d’intégration en français.

 

FCFA Reaction to Canada Exceeding its Francophone Immigration Targets for 2025

The Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, a national organization representing Canada’s French-language minority communities, is encouraged to see that the federal government has once again exceeded—in percentage terms—its target for Francophone immigration in 2025. However, in absolute numbers, the country welcomed fewer French-speaking permanent residents outside Quebec than in 2024, demonstrating the extent of the work that remains to be done to halt the demographic decline of Francophone minority communities.

Today in Moncton, the Minister of Immigration, Refugees, and Citizenship, the Honorable Lena Diab, announced that 8.9% of permanent residents admitted in 2025 were French-speaking, while the target was 8.5%. This represents 29,500 people, compared to 30,550 in 2024.

“We are not yet where we should be, but we are moving in the right direction and there is substantial political will, which makes all the difference” said FCFA President Liane Roy, who was present at the minister’s announcement.

In response to recent criticism in the English-language media of measures taken to promote Francophone immigration, the FCFA is keen to point out that these measures are designed to make up for years of stagnation during which Canada welcomed proportionally many more English-speaking immigrants.

“For several years, there has been an imbalance, and as a result, the demographic weight of the French-speaking community has declined. However, maintaining one of the fundamental traits of Canadian identity is good for our country’s sovereignty,” explains Ms. Roy.

The FCFA’s president also emphasized that the growth of the country’s bilingual workforce, thanks to Francophone immigration, is a major economic asset for Canada. “We are fortunate to have French and English – spoken on five continents – as our official languages. As Canada seeks to diversify its markets and alliances, this is a crucial strategic advantage,” she said.

In this regard, the emphasis on Francophone immigration reflects a broad political consensus not only at the federal level, but also at the provincial and territorial levels—which, as Minister Diab announced this morning, will benefit from 5,000 additional designation certificates, provided they select Francophone candidates. This is news that the Federation welcomes.

The FCFA also considers it important that Immigration, Refugees and Citizenship Canada continue to strengthen the capacity of French-language reception and integration services.

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