Victoire pour l’Acadie et la francophonie en Cour suprême

Il faut parler le français et l’anglais pour occuper le poste de lieutenant-gouverneur au Nouveau-Brunswick. C’est ce qu’a statué aujourd’hui la Cour suprême du Canada, dans la cause intentée par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick à la suite de la nomination d’une lieutenante-gouverneure unilingue en 2019. Le plus haut tribunal du pays a tranché que cette nomination violait l’article 16(2) de la Charte canadienne des droits et libertés.

La FCFA se réjouit de cette décision, d’autant plus qu’elle était intervenante dans cette cause. La Cour suprême a d’ailleurs repris plusieurs des arguments de la Fédération.

« L’article 16(2) de la Charte établit que le français et l’anglais sont les langues officielles du Nouveau-Brunswick. La FCFA a fait l’argument que cet article comporte une dimension symbolique en ce qui a trait au statut des langues. Par conséquent, la nomination d’une personne unilingue à une fonction symbolique porte atteinte à l’égalité linguistique », explique la présidente de la FCFA, Liane Roy.

La cause opposait la SANB au gouvernement fédéral depuis 2019. Le premier ministre Justin Trudeau avait alors nommé Brenda Murphy au poste de lieutenante-gouverneure. La SANB avait saisi les tribunaux pour contester la constitutionnalité de cette nomination dans la seule province bilingue au pays et obtenu gain de cause auprès de la Cour du Banc du Roi en 2022. Le jugement avait toutefois été renversé par la Cour d’appel en 2024. La SANB s’était par la suite tournée vers la Cour suprême du Canada pour qu’elle tranche le débat.

« Je tiens à féliciter la SANB et l’Acadie du Nouveau-Brunswick qui, encore une fois, se sont tenus debout pour leurs droits. Il est dommage que presque 45 ans après l’adoption de la Charte, on doive encore avoir recours aux tribunaux; cependant, je me réjouis que la Cour suprême se soit à nouveau portée garante des droits linguistiques et ait confirmé l’égalité des langues officielles dans de telles nominations », déclare Mme Roy.

Il est à noter que le jugement de la Cour est déclaratoire et n’invalide pas la nomination de Brenda Murphy, qui a terminé son mandat comme lieutenante-gouverneure en 2025.

AGA 2026 : les membres adoptent une résolution d’appui unanime à un Manitoba bilingue

Réunis en assemblée générale annuelle à Saint-Boniface samedi dernier, les 24 organismes membres de la FCFA ont adopté à l’unanimité une résolution d’appui formel au projet visant à faire du Manitoba une province officiellement bilingue.

Représentant les francophones, Acadiens et Acadiennes vivant en situation minoritaire partout au pays, les membres de la FCFA ont voulu de cette manière lancer un signal fort et enthousiaste par rapport à cette initiative.

« Soyons clairs, le choix du Manitoba pour nos rencontres nationales cette année n’était pas fortuit. Tout notre réseau appuie avec beaucoup d’enthousiasme la vision d’un Manitoba bilingue et nous sommes engagés à soutenir les efforts de la Société de la francophonie manitobaine et du gouvernement provincial à cet égard », souligne la présidente de la FCFA, Liane Roy.

Une nouvelle vice-présidence

Au cours de l’assemblée générale annuelle, les membres ont aussi élu une nouvelle vice-présidente. Marie-Pierre Lavoie (Colombie-Britannique) succède ainsi au Franco-Manitobain Ibrahima Diallo.

Deux nouveaux visages se joignent également au conseil d’administration : Andrée-Anne Martel (Ontario) et Alice Prophète (Alberta). Christian Fure (Territoires du Nord-Ouest) a été réélu trésorier, tandis que Patrick Ladouceur et Clotilde Heibing (les deux de l’Ontario) ont été reconduits au CA pour un deuxième mandat.

En plus de remercier chaleureusement son vice-président sortant, la FCFA tient à signifier sa grande reconnaissance à l’endroit de Nour Enayeh, qui a siégé au conseil d’administration au cours des quatre dernières années.

La FCFA félicite également les 20 autres personnes qui ont posé leur candidature au conseil d’administration, et les remercie de leur engagement citoyen.

 

Résolution d’appui au projet visant à faire du Manitoba une province bilingue

ATTENDU QUE le Manitoba a été fondé en 1870 sur la base d’une vision inclusive, et bilingue, portée par Louis Riel et les fondateurs de la province ;

ATTENDU QUE la Société de la francophonie manitobaine (SFM) porte la vision d’un « Manitoba véritablement bilingue » dans l’esprit de toujours vouloir agrandir l’espace francophone, visant à consolider, moderniser et élargir l’offre de services en français ainsi que la place de la francophonie dans l’espace public manitobain ;

ATTENDU QUE l’avancement des droits linguistiques dans une province crée des précédents favorables qui renforcent l’ensemble de la francophonie canadienne ;

ATTENDU QUE la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada est l’organisme porte-parole de 2,8 personnes qui ont choisi le français, dans 9 provinces et 3 territoires. La FCFA a pour mandat de concerter, de mobiliser et de cultiver des liens solides au sein de nos communautés pour la défense et la promotion de la francophonie à l’échelle nationale.

IL EST RÉSOLU QUE la FCFA exprime son appui formel et sa solidarité envers la démarche visant à faire du Manitoba une province véritablement bilingue et reconnaisse l’importance de cette initiative pour l’épanouissement de la francophonie manitobaine et canadienne.

IL EST ÉGALEMENT RÉSOLU QUE la FCFA s’engage à appuyer publiquement cette démarche dans ses représentations politiques et institutionnelles lorsque pertinent, à faire connaître cette initiative auprès de son réseau et à en faire rayonner les objectifs dans les communautés, afin de démontrer la force, la solidarité et le leadership collectif de la francophonie canadienne.

Mobilisation franco 2026 : Rendez-vous francophone à Ottawa pour plus de 125 organisations du Québec et des communautés

Le rendez-vous annuel des organisations du Québec et des communautés francophones et acadiennes intéressées à travailler ensemble en français s’est terminé hier avec un succès retentissant. Mobilisation franco 2026 a rassemblé à l’Université d’Ottawa, les 4 et 5 mai, plus de 200 personnes représentant un total de 125 organismes. C’était la première fois depuis sa création en 2022 que l’événement avait lieu ailleurs qu’au Québec.

Ce rendez-vous de création de liens de solidarité et de collaboration entre le Québec et les communautés francophones et acadiennes est de plus en plus connu et couru.

Organisé conjointement par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada et le Centre de la francophonie des Amériques, Mobilisation franco s’est imposé comme un espace de dialogue et de développement d’actions concrètes pour préserver et valoriser la langue et les cultures francophones. À l’édition 2026, plus de 120 rencontres en vis-à vis ont eu lieu entre des organisations québécoises et francophones d’ailleurs au pays.

La programmation mettait aussi de l’avant des réflexions sur de grands enjeux, comme un panel sur les perspectives d’avenir des francophonies au Canada, un atelier sur l’intelligence artificielle et deux tables de discussion portant respectivement sur l’antiféminisme et sur l’entreprenariat en français.

Mobilisation franco 2026 incluait notamment une forte représentation des secteurs de la petite enfance et de la philanthropie. Une délégation de quinze jeunes provenant du Québec, de l’Alberta, du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario était présente à l’événement. En plus de participer activement aux activités et de côtoyer des leaders francophones de partout au Canada, ces jeunes ont échangé entre eux sur l’identité francophone et l’engagement. Les participantes et participants ont également contribué à un atelier collaboratif visant à imaginer ensemble l’avenir de la francophonie.

Activité-phare du Plan d’action du gouvernement du Québec en matière de francophonie canadienne, l’événement Mobilisation franco a permis de générer, depuis sa création, plusieurs dizaines de projets de collaboration entre des organisations du Québec et des communautés francophones et acadiennes.

 

CITATIONS

«Le gouvernement du Québec est très fier de soutenir Mobilisation franco, un événement devenu incontournable pour le développement de projets porteurs entre le Québec et la francophonie canadienne. Je tiens à féliciter tous les participants de cette cinquième édition, qui provenaient d’horizons très variés. Grâce à vous, ce grand rassemblement a donné lieu, encore cette année, à des échanges riches, à de la créativité, à de la synergie et à de l’audace au profit de notre langue commune!Je tiens par ailleurs à remercier les organisateurs, soit la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada et le Centre de la francophonie des Amériques, des partenaires majeurs du gouvernement du Québec dans la poursuite de son action en francophonie canadienne, et dans sa volonté de consolider le rapprochement entre les Québécois et les francophones d’ailleurs au Canada. »

Jean-François Roberge, ministre de la Langue française et ministre responsable de la Francophonie canadienne

 

« Mobilisation franco est né de deux idées. La première, c’est que créer des solidarités entre le Québec et nos communautés nécessite qu’on reste en contact de façon régulière. La deuxième, c’est que nous avons plus de chances de créer des relations durables en établissant des collaborations non pas seulement sur la défense du français, mais aussi sur tout ce que nous savons faire en français, que ce soit en culture, en économie, en immigration, en éducation, en développement communautaire et dans bien d’autres domaines. À chaque année, de plus en plus d’organisations découvrent que nous avons tellement d’intérêts à travailler ensemble. C’est une relation gagnant-gagnant ».

 Liane Roy, présidente, FCFA du Canada

 

« La tenue de Mobilisation Franco pour la première fois à l’extérieur du Québec est symbolique et s’imposait afin d’illustrer que le rapprochement tant souhaité se fait en réciprocité. La 5e édition, qui fut un véritable succès, a illustré de façon non équivoque, la vitalité des liens qui unissent le Québec et les communautés francophones et acadienne du Canada. En contribuant activement à cet événement et en assurant une présence forte de la jeunesse, le Centre affirme sa conviction que le rapprochement se construit dans la durée, par des projets concrets et des espaces de collaboration. Cette initiative s’inscrit dans l’engagement durable du Centre à renforcer ces liens et à soutenir une francophonie porteuse d’avenir. »  

 Michel Robitaille, président du conseil d’administration, Centre de la francophonie des Amériques

 

La FCFA du Canada est la voix nationale de 2,8 millions de personnes qui, dans neuf provinces et trois territoires, ont choisi le français. Elle cumule cinq décennies d’expertise en matière de droits linguistiques et de défense du français. Interlocutrice principale des gouvernements du Canada et du Québec en francophonie canadienne, elle est aussi leader du dossier de l’immigration francophone au sein des collectivités qu’elle représente. Elle regroupe 24 membres et est chef de file d’un réseau de concertation de plus de 900 organismes et institutions partout au pays. Elle maintient un bureau à Québec depuis 1988.

Le Centre de la francophonie des Amériques a pour mission de contribuer à la promotion et à la mise en valeur d’une francophonie porteuse d’avenir pour la langue française dans le contexte de la diversité culturelle. Il contribue à tisser des liens avec les 33 millions de francophones et de francophiles du continent américain et assure une meilleure connaissance mutuelle des communautés francophones. Le Centre relève du ministre responsable de la Francophonie canadienne.

 

Bilan du 19e Symposium annuel sur l’immigration francophone

L’immigration francophone demeure plus que jamais un levier de développement majeur pour le Canada et il faut continuer de s’y investir. C’est le message qui se dégage du 19e Symposium annuel de l’immigration francophone, qui s’est terminé cet après-midi à Moncton. Le nombre record de participantes et de participants – près de 270 – montre d’ailleurs à quel point ce dossier est important pour l’avenir de la francophonie et du Canada.

Organisé par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, le Symposium réunit à chaque année le milieu de la recherche, les gouvernements et les communautés pour deux journées de discussion. Cette année, la thématique portait sur les manières de positionner l’immigration francophone comme levier de prospérité, d’innovation et de cohésion dans un contexte de transformation.

« On se rencontre sur une toile de fond assez différente de l’an dernier. L’immigration fait face à des remises en question au pays, mais le gouvernement continue de mettre l’accent sur des mesures spécifiques pour faire croitre l’immigration francophone en milieu minoritaire. En même temps, le Canada cherche à diversifier ses marchés; l’immigration francophone, en élargissant la main-d’œuvre bilingue du pays, ouvre la porte à un marché de presque 400 millions de francophones à l’étranger », souligne la présidente de la FCFA, Liane Roy.

Les discussions ont tourné sur ces questions de main-d’œuvre, mais aussi sur le rôle des communautés dans les programmes d’immigration et sur le développement du sentiment d’appartenance et du vivre-ensemble dans une francophonie diversifiée.

« Réussir l’immigration francophone, c’est travailler sur deux pôles : la promotion et le recrutement, oui, mais aussi l’accueil et l’inclusion. Il faut que la réussite des immigrants, des immigrantes et de leurs familles demeure au cœur de nos préoccupations et que nous conservions cette capacité de rêver ensemble un projet francophone », souligne Mme Roy.

Le Symposium est rendu possible grâce à l’appui financer d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. La FCFA tient par ailleurs à remercier chaleureusement les nombreux partenaires qui ont contribué au succès de l’événement.

“Pas du tout à la hauteur des attentes” : la FCFA sur les règles proposées pour appliquer la Loi sur les langues officielles

« Si ce document est adopté, 10 années de travail pour moderniser la Loi sur les langues officielles risquent d’avoir été en vain ». C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Liane Roy, concernant l’avant-projet de règlement proposé par le Secrétariat du Conseil du Trésor pour l’application d’une partie cruciale de la nouvelle Loi sur les langues officielles.

La FCFA comparaissait cet après-midi en comité parlementaire pour commenter cet avant-projet de règlement, qui porte spécifiquement sur la partie de la Loi où se trouve l’engagement du gouvernement à promouvoir et protéger le français, ainsi qu’à appuyer le développement des minorités de langue officielle. Le règlement sur cette partie de la Loi, une fois adopté, déterminera comment les institutions fédérales rempliront cet engagement.

« Quand les parlementaires ont voté pour moderniser la Loi sur les langues officielles, il y a deux ans, il y avait clairement un sentiment d’urgence par rapport au déclin du français et une intention d’agir pour freiner ce déclin. Les règles du jeu que propose le Secrétariat du Conseil du Trésor pour mettre en œuvre cette partie de Loi sont à des années-lumière de ce que cette intention des parlementaires », déplore Mme Roy.

Là où la nouvelle Loi a clairement reconnu que le français est vulnérable et a besoin de mesures spécifiques de protection et de promotion, l’avant-projet de règlement est muet sur cette approche différenciée.  Là où il faudrait aux institutions fédérales sur quoi faire et quels types de mesures positives prendre pour appuyer le développement des communautés francophones et acadiennes, l’avant-projet de règlement est excessivement vague.

La FCFA a émis des recommandations tangibles pour améliorer le texte. Elle insiste, par exemple, sur l’importance de demander aux institutions fédérales de développer des manières de mesurer concrètement les écarts à combler en matière d’égalité réelle entre le français et l’anglais, et de tout faire pour encourager l’inclusion de clauses linguistiques dans les ententes de transfert fédérales-provinciales/territoriales.

« Le Secrétariat du Conseil du Trésor doit absolument retourner à la table à dessin et surtout, il doit le faire en tenant mieux compte de ce que nos communautés ont à dire. Cela fait 50 ans que nous, les francophones en milieu minoritaire, vivons avec les failles de la Loi sur les langues officielles. Nos demandes sont basées sur notre expérience », souligne Mme Roy.


À lire : la FCFA a déposé aujourd’hui au Comité permanent des langues officielles des Communes un mémoire incluant ses demandes de modifications à l’avant-projet de règlement.

Nomination de Kelly Burke pour le poste de commissaire aux langues officielles : réaction de la FCFA

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada accueille positivement la nomination de Kelly Burke à titre de successeure de Raymond Théberge au poste de commissaire aux langues officielles. Le certificat de nomination a été déposé cet après-midi par Kevin Lamoureux, secrétaire parlementaire du leader du gouvernement en Chambre.

Pour la FCFA, c’est une nouvelle qui arrive à point nommé, puisque le Parlement s’apprête à étudier les projets de règlements qui doivent encadrer l’application de la nouvelle Loi sur les langues officielles.

« Nous sommes à une étape charnière et ce n’est vraiment pas le moment de laisser vacant le poste de commissaire aux langues officielles. Nous avons besoin d’une commissaire qui fera partie du processus pour veiller à ce que les règlements remplissent la promesse de la Loi sur les langues officielles modernisée », souligne la présidente de la FCFA, Liane Roy.

Francophone originaire de Cornwall, avocate de formation, Kelly Burke a notamment été sous-ministre adjointe au ministère des Affaires francophones de l’Ontario, avant de devenir commissaire aux services en français de la province en 2020. Sa nomination présente certainement bon nombre d’atouts, dont une connaissance des réalités des communautés francophones et acadiennes.

« La FCFA a été claire par rapport à ses attentes en ce qui a trait à prochaine commissaire aux langues officielles. Outre la connaissance de nos communautés, nous tenions à ce que la personne qui succéderait à Raymond Théberge connaisse bien la Loi sur les langues officielles modernisée et la nouvelle approche que celle-ci représente. Mme Burke coche plusieurs cases importantes et nous lui offrons notre entière collaboration », indique Mme Roy.

La nomination de Kelly Burke doit maintenant être avalisée par le Parlement. Lorsqu’elle entrera en fonction, la nouvelle commissaire disposera, grâce à la modernisation de la Loi, de nouveaux pouvoirs d’ordonnance et de sanction en cas d’infractions par les institutions fédérales. La FCFA compte sur le leadership de Mme Burke et l’encourage à utiliser pleinement tous les outils à sa disposition pour veiller au respect de la Loi.

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