« On a voulu la modernisation de la Loi sur les langues officielles pour qu’elle soit enfin pleinement respectée, et trois ans plus tard, on a l’impression que plusieurs dans l’appareil fédéral ne comprennent toujours pas leurs obligations linguistiques. La commissaire Burke a raison, les gestionnaires fédéraux ont besoin d’une formation sur ces obligations et ça presse ». C’est ce qu’a déclaré la présidente de la FCFA, Liane Roy, en réaction au rapport annuel déposé aujourd’hui par la commissaire aux langues officielles.
Dans son rapport, la commissaire note les manquements au fil des ans au niveau de la langue de travail et recommande de rendre obligatoire une formation des gestionnaires sur les obligations en matière de langues officielles. La FCFA appuie cette recommandation.
« Au cours des six derniers mois seulement, on a vu le Collège militaire royal de Kingston faire de l’anglais la seule langue de travail et en août, on apprenait qu’il existe une directive à cet égard qui affecte quelque 180 unités de la Défense nationale. Et au-delà de la langue de travail, qu’on pense à tous les programmes fédéraux, par exemple en infrastructure, qui sont développés sans la moindre prise en compte des minorités de langue officielle », déplore Mme Roy.
La FCFA lit le même manque de compréhension dans la faiblesse des avant-projets de règlements proposés pour la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur les langues officielles – des règlements qui, trois ans après l’adoption de la Loi, se font toujours attendre.
« Comme l’indique Mme Burke dans son rapport, on est dans une période de transition parce qu’on attend les règlements. Mais en attendant, plusieurs dans l’appareil fédéral semblent assumer que plusieurs morceaux de la Loi ne sont pas en vigueur et donc rien ne se passe. À la lecture de ce rapport, on est en droit de se questionner sur la capacité des institutions fédérales de transformer les obligations de la Loi en changements concrets », déclare la présidente de la FCFA.
La Fédération note d’ailleurs que le projet de loi omnibus C-39, Loi visant à bâtir un Canada fort, n’inclut pas une seule fois le mot « langues officielles ». « C’est un de ces projets de loi qui va générer des mégaprojets dont nos communautés seront malheureusement absentes si rien n’est fait. C’est comme si on était sur le quai à regarder le bateau passer », explique Mme Roy.





