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Ontario : la francophonie en vert et blanc

Saviez-vous que la présence francophone en Ontario remonte à plus de 400 ans? En 1610, Samuel de Champlain demande à l’explorateur Étienne Brûlé d’aller rencontrer les Algonquins. Cinq ans plus tard, Champlain se rendra lui-même en Ontario. Le 1er août 1615, il atteint le village huron de Toanché, aujourd’hui Penetanguishene, marquant le début d’une amitié avec les Hurons-Wendats.

Pour souligner le 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario, la statue « la rencontre », qui montre la poignée de main entre Champlain et le chef huron-wendat Aenon, a été dévoilée en 2015 à Penetanguishene. Inaugurée en 2018, la Route Champlain permet aux visiteurs de revivre le parcours de Champlain en Ontario.

La statue de Champlain à Penetanguishene (Crédit photo : Twitter – Heart of GBay)

Plus tard, des établissements français voient le jour en Ontario. En 1720, le Fort Rouillé, nommé en l’honneur d’Antoine Louis Rouillé, ministre français responsable de la Nouvelle-France sous Louis XV, est établi à l’endroit où se trouve aujourd’hui Toronto. Deux décennies plus tard, des francophones s’installent à Windsor, où le missionnaire jésuite Pierre-Philippe Potier fonde la Paroisse de l’Assomption, la plus vieille paroisse ontarienne.

Dans la seconde moitié du 19e siècle, plusieurs Québécois et Québécoises s’installent en Ontario. Dans l’Est, ils travaillent dans les scieries et les usines et pratiquent l’agriculture. Des Québécois et Québécoises colonisent aussi le Nord et s’installent le long du chemin de fer du Grand Tronc. Ils y cultivent les terres données par le clergé catholique et travaillent dans les mines et les scieries. Cette arrivée massive de francophones mène à la création du Nouvel-Ontario – aujourd’hui le Nord de l’Ontario. Encore de nos jours, beaucoup de Franco-Ontariens et de Franco-Ontariennes habitent dans cette région, surtout le long de la Route 11. Au 20e siècle, des victoires importantes, comme l’adoption de la Loi sur les services en français en 1986, la création d’un système scolaire francophone et la sauvegarde de l’Hôpital Monfort à Ottawa, consolident les acquis des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes. Aujourd’hui, l’Ontario est membre observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie, institution dont le Québec est membre à part entière, avec le Nouveau-Brunswick et le gouvernement fédéral.

Aujourd’hui, on trouve des francophones dans toutes les régions de l’Ontario. Lors du recensement de 2016, on en dénombrait plus de 600 000. Dans le Nord-Est et l’Est, ils représentent plus du quart de la population, mais leur présence est moins forte dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest. Dans le Centre-Sud, la population francophone connaît une croissance, alimentée par l’immigration et par des migrants et migrantes francophones du Québec. Le 25 septembre de chaque année, le Jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes célèbre leur présence en Ontario.

Jeunes Franco-Ontariens. (Crédit photo : rvf.ca)

La culture franco-ontarienne se manifeste de plusieurs façons. Il existe des festivals francophones à Ottawa (Festival franco-ontarien), à Toronto (la Franco-Fête) et à Sudbury (la Nuit sur l’Étang). On trouve des compagnies théâtrales à Ottawa (Théâtre du Trillium, Vox Théâtre, Théâtre de la Vieille 17), à Sudbury (Théâtre du Nouvel-Ontario) et à Toronto (Théâtre français). On trouve aussi des centres communautaires et culturels à plusieurs endroits dont Ottawa (Mouvement d’implication francophone d’Orléans, le MIFO), à Toronto (Centre francophone), à Timmins (Centre culturel La Ronde) et à Hearst (Place des Arts).

Certaines personnalités culturelles franco-ontariennes sont aussi connues au Québec. L’acteur Roy Dupuis, natif de New Liskeard, a fait l’une de ses premières apparitions au théâtre dans la pièce Le Chien de Jean-Marc Dalpé, une œuvre classique du Théâtre du Nouvel-Ontario de Sudbury. Dalpé, un écrivain, comédien et homme de théâtre d’Ottawa, est double récipiendaire du Prix du Gouverneur général en théâtre. Il a commencé sa carrière au Théâtre L’Atelier d’Ottawa. Le chanteur Damien Robitaille, plusieurs fois sélectionné au Gala de l’ADISQ, a fait ses débuts dans son village natal de Lafontaine. L’écrivaine torontoise Marguerite Andersen a reçu le Prix littéraire du Gouverneur général pour son livre Parallèles.

La communauté franco-ontarienne bénéficie aussi d’une télévision éducative de langue française, TFO, ainsi que de radios communautaires dans l’Est ontarien, à Hearst, à Kapuskasing, à Toronto et à Penetanguishene. En plus du quotidien centenaire LeDroit (Ottawa-Gatineau), on trouve plusieurs hebdomadaires, dont L’Express de Toronto, Le Goût de Vivre de Penetanguishene et Le Voyageur de Sudbury. Enfin, Radio-Canada couvre la province par le biais de quatre services régionaux, soit Ottawa-Gatineau, Toronto, Windsor et Sudbury.

L’entrepreneuriat franco-ontarien

Les Franco-Ontariens et les Franco-Ontariennes ont aussi la fibre entrepreneuriale. L’un des hommes d’affaires les plus connus de cette communauté est Paul Desmarais père. Né à Sudbury, il a commencé sa carrière en créant Autobus Voyageur. Il a ensuite mis sur pied Power Corporation, une entreprise internationale de gestion basée à Montréal. Dans le passé, Power Corporation a été propriétaire de La Presse et des journaux Le Quotidien (Chicoutimi), Le Soleil (Québec), La Tribune (Sherbrooke), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), Le Droit (Ottawa-Gatineau) et La Voix de l’Est (Granby). Un autre natif de Sudbury, Robert Campeau, a œuvré dans le milieu immobilier et a été propriétaire des chaînes de magasins américaines Macy’s et Bloomingdale’s.

Certains et certaines francophones de l’Ontario se sont distingués dans le domaine des télécommunications. En 1947, Baxter Ricard met sur pied Sudbury Broadcasting, à la suite de la création de CHNO-FM, la première radio bilingue à l’extérieur du Québec. Dans les années 1970, il fonde Northern Cable, une entreprise de câblodistribution présente partout en Ontario. De son côté, Conrad Lavigne fonde en 1952 à Timmins la première chaîne de radio entièrement francophone en Ontario, CFCL-AM. Quatre ans plus tard, il supervise la création de CFCL-TV, un poste de télévision bilingue. Le tout aboutit, dans les années 60, à la création de Mid-Canada Communications, à l’époque la plus grosse entreprise de télévision privée au monde.

À Sturgeon Falls, la famille Deschâtelets est propriétaire depuis trois générations de Leisure Farms, une entreprise agricole de Sturgeon Falls, qui vend certains de ses produits au Québec. Finalement, Louis Génier fonde, en 1984, la Fromagerie St-Albert, une institution agroalimentaire de l’Est ontarien dont certains produits sont vendus aux Québec.

Cependant, saviez-vous que Samuel de Champlain a également visité un endroit autre que l’Ontario et la ville de Québec durant ses périples au Canada? La Nouvelle-Écosse, où a été fondée en 1605 Port-Royal, l’ancienne capitale de l’Acadie. 

Pour en apprendre plus

– L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (www.monassemblee.ca)

– La Route Champlain (https://routechamplain.ca/)

-Paroisse de l’Assomption à Windsor (https://www.heritagetrust.on.ca/fr/pages/our-stories/exhibits/snapshots-of-franco-ontarian-heritage/religion-and-faith/assumption-parish-windsor)

-La Fromagerie St-Albert (https://fromagestalbert.com/)

-Le Festival Franco-Fête de Toronto (https://www.franco-fete.ca/)

-Le Centre culturel La clé d’la Baie en Huronie de Penetanguishene (http://www.lacle.ca/)

-La Place des Arts de Hearst ( https://www.hearst.ca/fr/residents-2/arts-patrimoine-et-culture/place-des-arts-de-hearst-2/)

La Fédération des communautés francophones et acadiennes assure la défense et la promotion des droits et intérêts des francophones vivant dans neuf provinces et trois territoires au Canada. Crée en 1975, la FCFA est la voix nationale de 2,7 millions de francophones. Elle agit à titre de chef de file des organismes et institutions voués au développement des francophonies. Elle fait connaitre davantage leur diversité au Québec et consolide les liens de collaboration avec la société civile et avec le gouvernement du Québec. www.fcfa.ca