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Ontario : la francophonie en vert et blanc

Hissé pour la première fois le 25 septembre 1975 à Sudbury, le drapeau franco-ontarien est le symbole des francophones de l’Ontario. Le vert symbolise l’été, tandis que le blanc évoque l’hiver. Le trille est l’emblème floral officiel de l’Ontario et la fleur de lys rappelle la francophonie. (Crédit photo : Les Rendez-vous de la Francophonie)

Saviez-vous que la présence francophone en Ontario remonte à plus de 400 ans? En 1610, Samuel de Champlain demande à l’explorateur Étienne Brûlé d’aller rencontrer les Algonquins. Cinq ans plus tard, Champlain se rendra lui-même en Ontario. Le 1er août 1615, il atteint le village huron de Toanché, aujourd’hui Penetanguishene, marquant le début d’une amitié avec les Hurons-Wendats.

 

Pour souligner le 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario, la statue « la rencontre », qui montre la poignée de main entre Champlain et le chef huron-wendat Aenon, a été dévoilée en 2015 à Penetanguishene. Inaugurée en 2018, la Route Champlain permet aux visiteurs de revivre le parcours de Champlain en Ontario.

La statue de Champlain à Penetanguishene (Crédit photo : Twitter – Heart of GBay)

Plus tard, des établissements français vont être érigés en Ontario. En 1720, le Fort Rouillé, nommé en l’honneur d’Antoine Louis Rouillé, ministre français responsable de la Nouvelle-France sous Louis XV, est établi à l’endroit où est aujourd’hui Toronto. Deux décennies plus tard, des francophones s’installent à Windsor, où le missionnaire jésuite Pierre-Philippe Potier fonde la Paroisse de l’Assomption, la plus vieille paroisse ontarienne.

 

Dans la seconde moitié du 19e siècle, plusieurs Québécois vont s’installer en Ontario. Dans l’Est, ils travaillent dans les scieries et les usines et pratiquent l’agriculture. Des Québécois colonisent aussi le Nord et s’installent le long du chemin de fer du Grand Tronc. Ils y cultivent les terres données par le clergé catholique et travaillent dans les mines et les scieries. Cette arrivée massive de francophones va mener à la création du Nouvel-Ontario – aujourd’hui le Nord de l’Ontario. Encore de nos jours, beaucoup de Franco-Ontariens habitent dans cette région, surtout le long de la Route 11. Au XXe siècle, des victoires importantes, comme l’adoption de la Loi sur les services en français de 1986, la création d’un système scolaire francophone et la sauvegarde de l’Hôpital Monfort à Ottawa, vont venir consolider les acquis des Franco-Ontariens. Aujourd’hui, l’Ontario est membre observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie, institution dont le Québec est membre à part entière, avec le Nouveau-Brunswick et le gouvernement fédéral.

 

Aujourd’hui, on retrouve des Franco-Ontariens dans toutes les régions de l’Ontario. Lors du recensement de 2016, on dénombrait plus de 600 000 francophones. Dans le nord-est et l’est, ils représentent plus du quart de la population, mais leur présence est moins forte dans le sud-ouest et le nord-ouest. Dans le centre-sud, la population francophone connaît une croissance, alimentée par l’arrivée d’immigrants et aussi de migrants francophones du Québec. Le 25 septembre de chaque année, le Jour des Franco-Ontariens célèbre leur présence en Ontario.

Jeunes Franco-Ontariens. (Crédit photo : rvf.ca)

La culture franco-ontarienne se manifeste de plusieurs façons. Il y a des festivals francophones à Ottawa (Festival franco-ontarien), à Toronto (la Franco-Fête) et à Sudbury (la Nuit sur l’Étang). On retrouve des compagnies théâtrales à Ottawa (Théâtre du Trillium), à Sudbury (Théâtre du Nouvel-Ontario) et à Toronto (Théâtre français). Il y a aussi des centres communautaires et culturels à Ottawa (Mouvement d’implication francophone d’Orléans), à Toronto (Centre francophone), à Timmins (Centre culturel La Ronde) et à Hearst (Place des Arts).

 

Certaines personnalités culturelles franco-ontariennes sont aussi connues au Québec. L’acteur Roy Dupuis, natif de New Liskeard, a fait l’une de ses premières apparitions au théâtre dans la pièce Le Chien de Jean-Marc Dalpé, une œuvre classique du Théâtre du Nouvel-Ontario de Sudbury. L’écrivain, comédien et homme de théâtre d’Ottawa Jean-Marc Dalpé, double récipiendaire du Prix du Gouverneur général en théâtre, a commencé sa carrière au Théâtre L’Atelier d’Ottawa. Le chanteur Damien Robitaille, plusieurs fois sélectionné au Gala de l’ADISQ, a fait ses débuts dans son village natal de LaFontaine. L’écrivaine torontoise Marguerite Andersen a reçu le Prix littéraire du Gouverneur général pour son livre Parallèles.

 

La communauté franco-ontarienne bénéficie aussi de la télévision éducative (TFO). Radio-Canada est également présente en Ontario, avec des antennes de télévision, des chaînes de radio, et des sites Internet d’information régionale. De plus, il y a des radios communautaires dans l’Est ontarien, à Hearst, à Toronto et à Penetanguishene et des journaux quotidiens (Le Droit d’Ottawa) et hebdomadaires (L’Express de Toronto, Le Goût de Vivre de Penetanguishene et La Voix du Nord de Sudbury).

 

L’entrepreneuriat franco-ontarien

Les Franco-Ontariens ont aussi la fibre entrepreneuriale. L’un des hommes d’affaires les plus connus de cette communauté est Paul Desmarais père. Né à Sudbury, il a commencé sa carrière en créant Autobus Voyageur. Il a ensuite mis sur pied Power Corporation, une entreprise internationale de gestion basée à Montréal. Dans le passé, Power Corporation a été propriétaire de La Presse et des journaux Le Quotidien (Chicoutimi), Le Soleil (Québec), La Tribune (Sherbrooke), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), Le Droit (Ottawa-Gatineau) et La Voix de l’Est (Granby). Un autre natif de Sudbury, Robert Campeau, a œuvré dans le milieu immobilier et a été propriétaire des chaînes de magasins américaines Macy’s et Bloomingdale’s.

 

Certains d’entre eux se sont distingués dans le domaine des télécommunications. En 1947, Baxter Ricard met sur pied Sudbury Broadcasting, à la suite de la création de CHNO-FM, la première radio bilingue à l’extérieur du Québec. Dans les années 1970, il fonde Northern Cable, une entreprise de câblodistribution présente partout en Ontario. De son côté, Conrad Lavigne fonde en 1952 à Timmins la première chaîne de radio entièrement francophone en Ontario, CFCL-AM. Quatre ans plus tard, il supervise la création de CFCL-TV, un poste de télévision bilingue. Cela va aboutir, dans les années 60, à la création de Mid-Canada Communications, à l’époque la plus grosse entreprise de télévision privée au monde.

 

À Sturgeon Falls, la famille Deschâtelets est propriétaire depuis trois générations de Leisure Farms, une entreprise agricole de Sturgeon Falls, qui vend certains de ses produits au Québec. Finalement, Louis Génier fonde, en 1984, la Fromagerie St-Albert, une institution agroalimentaire de l’Est ontarien dont certains produits sont vendus aux Québec.

 

Cependant, saviez-vous que Samuel de Champlain a également visité un endroit autre que l’Ontario et la ville de Québec durant ses périples au Canada? La Nouvelle-Écosse, où a été fondée en 1605 Port-Royal, l’ancienne capitale de l’Acadie. 

Pour en apprendre plus

-La Route Champlain (https://routechamplain.ca/)

-Paroisse de l’Assomption à Windsor (https://www.heritagetrust.on.ca/fr/pages/our-stories/exhibits/snapshots-of-franco-ontarian-heritage/religion-and-faith/assumption-parish-windsor)

-La Fromagerie St-Albert (https://fromagestalbert.com/)

-Le Festival Franco-Fête de Toronto (https://www.franco-fete.ca/)

-Le Centre culturel La clé d’la Baie en Huronie de Penetanguishene (http://www.lacle.ca/)

-La Place des Arts de Hearst ( https://www.hearst.ca/fr/residents-2/arts-patrimoine-et-culture/place-des-arts-de-hearst-2/)

La Fédération des communautés francophones et acadiennes assure la défense et la promotion des droits et intérêts des francophones vivant dans neuf provinces et trois territoires au Canada. Crée en 1975, la FCFA est la voix nationale de 2,7 millions de francophones. Elle agit à titre de chef de file des organismes et institutions voués au développement des francophonies. Elle fait connaitre davantage leur diversité au Québec et consolide les liens de collaboration avec la société civile et avec le gouvernement du Québec. www.fcfa.ca