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Nunavut : la francophonie aux portes de l’Arctique

Une vue d’Iqaluit, la capitale du Nunavut. (Crédit photo : Radio-Canada)

Créé en 1999, le Nunavut est le plus grand des trois territoires du Nord canadien. 38 000 personnes résident dans ce territoire, et les Inuits forment près des trois-quarts de la population. Même s’ils étaient des nomades à l’origine, la grande majorité des Inuits sont devenus sédentaires. Plus de 600 francophones résident au Nunavut. Ils sont présents à travers tout le territoire. Plus de 80% d’entre eux résident à Iqaluit, la capitale.  90% des Franco-Nunavois sont originaires du Canada, principalement du Québec.

Une francophonie qui n’a pas peur du froid

Malgré des températures qui varient de -20 à -50 degrés Celsius en hiver, la population franco-nunavoise se distingue. Avec une dizaine de spectacles par année, la compagnie Uiviit est l’institution théâtrale francophone d’Iqaluit. Le mot Uiviit signifie « oui, oui! » en inuktitut et les Inuits utilisent ce mot pour parler des francophones et de leur tendance à dire « oui, oui! » en répondant aux gens.

En musique, le Franco-Centre est la principale salle de spectacle francophone. Dans le passé, plusieurs auteurs-compositeurs-interprètes francophones ont foulé les planches, dont Karim Ouellet, Lisa LeBlanc, Klô Pelag et Zachary Richard.

Chloé Ryan est une artiste francophone en arts visuels vivant au Nunavut. L’une de ses œuvres à voir est la réalisation d’une peinture murale dans les studios de la station de radio communautaire CFRT.

Iqaluit a été le plateau de tournage du film québécois Iqaluit, produit en 2016 et réalisé par Benoît Pilon. Cette production met en vedette Marie-Josée Croze et François Papineau et présente l’histoire d’une femme du Québec qui se rend au chevet de son mari, victime d’un accident de travail au Nunavut. En 2008, Pilon avait également tourné un autre film au Nunavut, Ce qu’il faut pour vivre, qui mettait à l’affiche Antoine Bertrand.

Plusieurs activités culturelles permettent aux Franco-Nunavois de célébrer leur culture avec la population en général. Au printemps, le Rallye familial de motoneige se tient à Iqaluit, tandis qu’à l’automne, un souper d’huîtres est organisé par l’Association des francophones du Nunavut. À cette liste s’ajoutent les Rendez-vous annuels de la francophonie nunavoise, qui a lieu en mars. Les Franco-Nunavois participent également au populaire Festival Toonik Tyme, qui se tient en avril à Iqaluit.

Une histoire millénaire

L’histoire du Nunavut est millénaire. Il faut remonter au 17e siècle pour trouver les premières traces de présence francophone dans la région, avec la visite des explorateurs français Pierre Esprit Radisson et Médard Chouart Des Groseilliers. Ils sont les premiers francophones à rencontrer les populations inuites de la baie d’Hudson. Ils établissent un commerce des fourrures dans la région, dont le fonctionnement va plus tard être repris par la Compagnie de la Baie d’Hudson.

Au 20e siècle, de nombreux francophones sont présents parmi les équipages des baleiniers qui naviguent près du Nunavut. À partir de 1906, un francophone inscrit son nom dans l’histoire du territoire de façon indélébile. Le capitaine Joseph-Elzéar Bernier, originaire de L’Islet-sur-Mer, sur la rive-sud du Saint-Laurent, à l’est de Québec. Il entreprend des expéditions avec son équipage dans l’Arctique canadien. En juillet 1909, il se rend sur l’île Melville et y dépose une plaque. Ce monument garantit les droits de souveraineté du Canada sur l’Archipel arctique.

Le capitaine Joseph-Elzéar Bernier et son équipage, après avoir déposé une plaque sur l’île Melville en 1909. (Crédit photo : Wikipédia)

Le capitaine Bernier entretient de bonnes relations avec les populations inuites du Nunavut. Il établit un poste commercial à Pond Inlet, et reçoit l’aide des Inuits dans ses missions d’exploration et de cartographie du Nord canadien. En signe d’appréciation, les Inuits lui donnent le surnom de Kapitaikallak (petit gros capitaine, en Inuktitut).

À partir des années 1910 et jusqu’au milieu du 20e siècle, des missionnaires oblats se rendent au Nunavut et fondent plusieurs paroisses catholiques, sous l’égide du père oblat Arsène Turquetil. En 1912, il met sur pied une première paroisse à Chesterfield Inlet, où un hôpital est construit. Une vingtaine d’années plus tard, des Sœurs grises de Nicolet se rendent à Chesterfield Inlet, afin de gérer l’hôpital.

La vie et l’économie en français

Les Nunavois membres forment l’Association des francophones du Nunavut. Un programme complet d’enseignement en français qui est instauré par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et la Commission scolaire de Baffin, dans les années 90. La Commission scolaire francophone du Nunavut naîtra en 2004.

Une première école francophone du territoire naîtra avec le millénaire. L’École des Trois-Soleils d’Iqaluit a la particularité d’être l’école francophone la plus nordique au monde. Son nom symbolise l’harmonie entre les populations inuite, anglophone et francophone du territoire. L’école, qui accueille aujourd’hui une centaine d’élèves.

De jeunes Franco-Nunavois prenant part au Festival Toonik Tyme. (Crédit photo : Corridor Canada)

Le journal Le Nunavoix et la station de radio communautaire CFRT 107,3 FM d’Iqaluit sont les principaux médias de la francophonie nunavoise. Le journal francophone L’Aquilon des Territoires du Nord-Ouest, est également distribué au Nunavut. Radio-Canada couvre l’actualité du Nunavut via son site Internet.

Les secteurs miniers, or, diamant et pétrole, sont à la base du grand dynamisme de l’économie du Nunavut. Les Franco-Nunavois sont aussi présents en santé, en éducation, en construction et en tourisme. Le Carrefour Nunavut est le principal organisme francophone pour le développement économique.

Pour en savoir plus

-L’Association des francophones du Nunavut (https://www.afnunavut.ca/)

-La Commission scolaire francophone du Nunavut (https://csfn.ca/)

-Le Franco-Centre (https://www.facebook.com/FrancoCentre/)

-Le Théâtre Uiviit (https://www.facebook.com/theatreuiviit/)

-Le Carrefour Nunavut (https://carrefournunavut.ca/fr)

La Fédération des communautés francophones et acadiennes assure la défense et la promotion des droits et intérêts des francophones vivant dans neuf provinces et trois territoires au Canada. Crée en 1975, la FCFA est la voix nationale de 2,7 millions de francophones. Elle agit à titre de chef de file des organismes et institutions voués au développement des francophonies. Elle fait connaitre davantage leur diversité au Québec et consolide les liens de collaboration avec la société civile et avec le gouvernement du Québec. www.fcfa.ca