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Nouvelle-Écosse : la francophonie au berceau de l’Acadie

Un plat de coques avec, en toile de fond, le paysage côtier de la Nouvelle-Écosse. (Crédit photo : Corridor Canada)

Mais où peut-on déguster ces délicieuses coques?

 

Chaque été, le quai d’Anse-des-Belliveau est l’hôte des beaux vendredis. Chaque vendredi, entre la fin de juin et la fin d’août, cet évènement permet aux visiteurs de déguster les délicieux fruits de mer de la Nouvelle-Écosse et d’assister à des concerts de musique traditionnelle acadienne du groupe Musique de la Baie. Cette activité est un bel exemple de l’esprit qui anime les Acadiens de la Nouvelle-Écosse : une francophonie accueillante qui aime partager ses traditions avec les visiteurs, peu importe leurs origines.

 

Une francophonie festive

Les Acadiens de la Nouvelle-Écosse organisent plusieurs festivals sur une base annuelle, qui mettent en valeur leur culture et qui attirent des milliers de visiteurs. Le Festival acadien de Clare est la plus vieille célébration acadienne au monde, et est organisé depuis 1955. Chaque été, à la fin de juillet et au début d’août, des visiteurs de partout convergent dans la région de la Baie-Sainte-Marie, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Des activités comme les soupers-théâtre, la veillée de danse câllée, les spectacles musicaux et le tintamarre s’inscrivent à l’horaire.

 

Un peu plus loin au sud, la municipalité de Pubnico-Ouest est l’hôte du festival Chez-Nous à Pombcoup. Des célébrations comme des soupers de fruits de mer, des expositions de produits artisanaux et des feux d’artifice sont organisés pendant une semaine. Le Musée des Acadiens de Pubnico et le Village historique acadien sont des attractions à visiter dans ce secteur.

 

Au Cap Breton, les Acadiens présents dans le comté de Richmond, dans le sud-ouest de l’île, organisent le Festival de l’Ardoise et le Festival acadien de Petit-de-Grat. Ces évènements incluent des concerts musicaux, des soupers-théâtre, des déjeuners acadiens et des soirées de danse acadienne.

 

D’autres festivals et célébrations ont lieu à Chéticamp (Festival de l’Escaouette), à Wedgeport (Tournoi et festival de thon), à Louisbourg (Festival des racines et bottines) et à Grand-Pré (Journées acadiennes). À Halifax, le Francofest est la principale célébration de la francophonie dans la capitale provinciale. Avec autant d’activités, cela ne vous donne-t-il pas le goût d’y venir?

Participants au Festival acadien de Clare (Crédit photo : Corridor Canada)

Un milieu artistique vivant

La scène artistique acadienne de la Nouvelle-Écosse produit plusieurs talents connus dans la Francophonie. Un exemple est le groupe musical Radio Radio. Plusieurs titres de ce groupe ont du succès, au Canada et en Europe. Radio Radio a aussi composé l’hymne officiel de l’équipe de soccer l’Impact de Montréal.

 

Depuis plus de trente ans, le jazziste Greg Amirault donne des concerts un peu partout. Il remporte le Grand Prix de Jazz, du Festival international de jazz de Montréal, en compagnie de son frère Steve. Il est également professeur de musique à l’Université McGill et au Cégep Marie-Victorin. D’autres musiciens acadiens néo-écossais sont connus, tels les groupes Blou et Grand Dérangement et les auteurs-compositeurs-interprètes Roland Bourgeois, Jacques Surette, Éric Surette et Kenneth Saulnier.

 

Les artistes-peintres Jude Deveau, Suzanne Gauthier, Paulette Melanson, Sylvie Boisvert, François Gaudet, Claude Thériault et Karine Lahaie voient certaines de leurs œuvres exposées au Canada, aux États-Unis et en Europe. Le cinéaste Phil Comeau a réalisé trois courts-métrages marquants : Les Gossipeuses, Le Secret de Jérôme et Zachary Richard, toujours batailleur.

 

L’auteure Germaine Comeau a signé plusieurs romans et biographies, dont L’été aux puits secs, Laville et Loin de France. Elle est récipiendaire du Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie. Une autre auteure romancière et poétesse Georgette Leblanc elle a remporté le Prix Félix-Leclerc de poésie.

 

Extraits du passé

La présence francophone en Nouvelle-Écosse remonte à plus de 400 ans. En 1605, Samuel de Champlain fonde l’Habitation de Port-Royal, avec Pierre Dugua de Mons. Ils sont rejoints plus tard par des pionniers français qui ont survécu au rude hiver de 1604-1605 à l’île Sainte-Croix, au Nouveau-Brunswick. Plusieurs familles originaires du centre-ouest de la France iront les rejoindre plus tard.

 

Les premiers Acadiens nouent des liens avec les populations autochtones (Micmacs) qui résident dans la région depuis des siècles. Ils s’y installent pour cultiver les nombreuses terres fertiles. Elles s’obtiennent grâce à l’utilisation du système d’aboiteaux, qui draine les marécages de la baie Française (aujourd’hui la baie de Fundy) et en les protégeant par des digues.

Reconstitution de l’Habitation de Port-Royal, construite par Champlain et Dugas de Mons en 1605. Port-Royal est un lieu historique national du Canada depuis 1924. (Crédit photo : Wikipédia)

L’année 1713 voit l’Acadie tomber dans le giron britannique de façon définitive, après de multiples changements de régime entre la France et le Royaume-Uni. L’Acadie est ainsi rattachée à la colonie de la Nouvelle-Écosse.

 

À partir de 1755 et pour les huit années suivantes, plus de 11 000 Acadiens sont dépossédés de leurs terres et exilés vers d’autres régions, notamment vers la côte est des États-Unis, en Louisiane, en France, au Royaume-Uni et ailleurs en Nouvelle-France. À partir de 1764, des Acadiens reviennent en Nouvelle-Écosse, mais d’autres s’établissent dans les colonies de l’Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. C’est après leur retour en Nouvelle-Écosse que les Acadiens, ayant perdu leurs terres agricoles fertiles, se consacrent à la pêche, une activité toujours importante de nos jours.

 

En 1891, la mise sur pied du Collège d’enseignement supérieur privé Sainte-Anne dans la municipalité de Pointe-de-l’Église a un impact considérable sur le développement de la communauté acadienne de la Nouvelle-Écosse. Cette institution est désormais connue sous le nom de l’Université Sainte-Anne, l’une des deux universités de langue française dans les Maritimes, avec l’Université de Moncton.

 

La situation actuelle

L’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse modifie en 1981 la Loi sur l’éducation et accorde aux Acadiens le droit d’obtenir une instruction complète en français. Cela aboutit quinze ans plus tard à la création du Conseil scolaire acadien provincial, qui englobe 22 écoles.

 

Aujourd’hui, on dénombre près de 34 000 Acadiens en Nouvelle-Écosse. Ils sont présents partout dans la province, plus particulièrement dans les régions du sud, du Grand Halifax et du Cap-Breton. Près des deux tiers d’entre eux sont natifs de la Nouvelle-Écosse. Quatre stations de radio communautaires desservent les Acadiens de la province, en plus d’un journal hebdomadaire, Le Courrier de la Nouvelle-Écosse. Quant à Radio-Canada, cette dernière couvre l’actualité néo-écossaise par le biais de ses plateformes télé, radio et Internet.

 

Les Acadiens sont présents dans les principaux secteurs de l’économie néo-écossaise : pêche et transformation des produits de la mer, ressources naturelles, tourisme, industrie navale, santé et éducation. Ils sont aussi présents dans les domaines des technologies de l’information, des communications et de la culture. Les Acadiens de la province ont aussi une forte tradition coopérative, le Magasin coopératif de Chéticamp étant l’une des plus vieilles coopératives néo-écossaises. Depuis 1980, le Conseil coopératif acadien de la Nouvelle-Écosse fait la promotion des coopératives acadiennes à travers la province.

Pour en savoir plus

-La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (http://www.acadiene.ca/)

-La Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse (http://www.fecane.ca/)

-Le Conseil coopératif acadien de la Nouvelle-Écosse (http://www.conseilcoopne.ca/fr/index.html)

-Le Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse (http://cdene.ns.ca/fr/)

-L’Université Sainte-Anne (http://www.usainteanne.ca/)

La Fédération des communautés francophones et acadiennes assure la défense et la promotion des droits et intérêts des francophones vivant dans neuf provinces et trois territoires au Canada. Crée en 1975, la FCFA est la voix nationale de 2,7 millions de francophones. Elle agit à titre de chef de file des organismes et institutions voués au développement des francophonies. Elle fait connaitre davantage leur diversité au Québec et consolide les liens de collaboration avec la société civile et avec le gouvernement du Québec. www.fcfa.ca