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Nouveau-Brunswick : une francophonie qui fait du bruit

Le plus gros drapeau acadien au Canada flotte dans le village de Saint-Louis-de-Kent, au Nouveau-Brunswick. (Crédit photo : Wikipédia)

Depuis 2009, un gigantesque drapeau acadien flotte au cœur du village de Saint-Louis-de-Kent, dans l’est du Nouveau-Brunswick. Mesurant 30 pieds sur 60 pieds, cet étendard est hissé le 15 août de chaque année, pour souligner la Fête nationale de l’Acadie. Cette tradition n’est pas le fruit du hasard. Monseigneur Marcel-François Richard, qui a joué un rôle majeur dans l’adoption du drapeau acadien en 1884, était natif de Saint-Louis-de-Kent. Mais le drapeau acadien est plus qu’une simple pièce d’étoffe qui flotte au vent. Il est le symbole d’une francophonie forte et dynamique, qui s’épanouit de plusieurs façons. Le Nouveau-Brunswick, province où vit la majorité des Acadiens des Maritimes, est la seule qui a l’anglais et le français comme langues officielles. C’est aussi un endroit où on peut mesurer l’ampleur de cette effervescence.

 

Une vitalité culturelle solide

Les Acadiens ont un impact majeur au Nouveau-Brunswick et à travers la Francophonie. Près du tiers de la population néo-brunswickoise est francophone et 98% des francophones du Nouveau-Brunswick sont nés au Canada. La province est aussi membre de l’Organisation internationale de la Francophonie, à l’instar du Québec. La scène artistique est un reflet de l’impact positif des Acadiens dans leur province. Édith Butler, native de Paquetville, perce la scène musicale francophone au milieu des années 60 et ses chansons sont toujours populaires aujourd’hui. Roch Voisine est un chanteur populaire auprès de toutes les francophonies et de la scène anglophone, notamment avec sa chanson Hélène. D’autres talents musicaux ont suivi les traces de Butler et de Voisine. Pensons à Lisa LeBlanc, aux Hay Babies, à Natacha St-Pier, à Jean-François Breau et à Marie-Jo Thério.

 

Le milieu littéraire a vu s’épanouir Antonine Maillet, l’une des écrivaines acadiennes les plus célèbres du monde francophone. Elle s’est d’abord fait connaître pour sa pièce La Sagouine. En 1979, elle se voit remettre le prix Goncourt de littérature, pour son roman Pélagie-la-Charrette. Herménégilde Chiasson, en plus d’avoir représenté sa province à titre de lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, est une autre figure de proue de la littérature acadienne. Il a rédigé de nombreux recueils de poésie et des pièces de théâtre et il a contribué de façon significative dans les domaines du cinéma et des arts visuels. Dyane Léger, France Daigle et Gérard Leblanc sont d’auteurs acadiens du Nouveau-Brunswick dignes de mention.

 

En théâtre, l’actrice Viola Léger, ancienne sénatrice, est connue pour son interprétation du rôle de la Sagouine. La dramaturge Emma Haché a remporté plusieurs distinctions, dont le Prix littéraire du Gouverneur général en 2004, pour sa pièce L’intimité. Elle a reçu le Prix Antonine-Maillet-Acadie-Vie, en 2011. Gabriel Robichaud, Louise Lemieux, Marcel-Romain Thériault et Sylvio Allain sont d’autres dramaturges connus. La province compte le Théâtre L’Escaouette et le Théâtre populaire d’Acadie.

 

Partout à travers la province, des galeries d’art, des salons du livre et des centres communautaires et culturels francophones épaulent la créativité acadienne au Nouveau-Brunswick. On recense plusieurs festivals, dont la Foire brayonne (Edmundston), le Festival acadien (Caraquet), la Ruée vers l’art (Tracadie) et la FrancoFête en Acadie (Moncton). Les célébrations de la Fête nationale acadienne sont très courues.

Le Grand tintamarre de Caraquet (Crédit photo : Les Rendez-vous de la Francophonie)

Une présence économique importante

Les Acadiens néo-brunswickois sont présents dans l’économie de la province : pêcheries, agriculture, foresterie, construction et transports. Des entreprises acadiennes s’imposent : le Groupe Savoie (transformation du bois), la Ferme avicole Nadeau, Construction acadienne et le Groupe Westco. Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick, le Réseau de développement économique et entrepreneurial et plusieurs chambres de commerce francophones épaulent les entrepreneurs acadiens dans leurs projets.

 

Dans les années 1930, un réseau de caisses populaires acadiennes est mis sur pied au Nouveau-Brunswick. Connu aujourd’hui sous le nom d’UNI-Coopérative financière, il regroupe 155 000 membres et gère un actif de 4,2 milliards. Il est également membre de la Confédération des Caisses Desjardins.

 

Aperçu historique

L’histoire de la présence acadienne au Nouveau-Brunswick débute au 17e siècle. En 1604, Pierre Dugua de Mons fonde un premier établissement français en Amérique du Nord, situé à l’île Sainte-Croix. Après un hiver désastreux, au cours duquel la moitié des 80 colons décèdent du scorbut, la colonie est déménagée en Nouvelle-Écosse, près de la baie de Fundy. Vers 1630, un fort est érigé par le gouverneur français Charles de Saint-Étienne de La Tour, à l’estuaire de la rivière Saint-Jean. Des Acadiens choisissent de s’installer sur le territoire de l’actuel Nouveau-Brunswick à partir de 1764, neuf ans après la Déportation.

 

Après l’adhésion du Nouveau-Brunswick à la Confédération canadienne en 1867, une structure sociale acadienne est créée; des hôpitaux et des écoles francophones sont mis sur pied afin de servir les Acadiens. Cependant, un fossé social et économique sépare les Acadiens et les anglophones de la province pendant plusieurs décennies. L’élection du libéral Louis J. Robichaud à la tête du Nouveau-Brunswick en 1960 aide à améliorer le sort des Acadiens. Son gouvernement met de l’avant le programme Chances égales pour tous, qui vise à réduire les différences sociales et économiques partout à travers la province. C’est aussi sous son règne que l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick adopte la Loi sur les langues officielles en 1969 qui, comme déjà mentionnée, fait de la province la seule officiellement bilingue au Canada.

 

Situation actuelle

En 1979, le gouvernement provincial met sur pied des systèmes scolaires anglophones et francophones distincts. Cela mène plus tard à la création de sept districts scolaires, dont trois francophones, qui comptent aujourd’hui 92 écoles. En 2002, un poste de commissaire aux langues officielles est créé par l’Assemblée législative; c’est la seule institution du genre au niveau provincial au Canada.

Le monument en l’honneur de Louis J. Robichaud, dans le village de Saint-Antoine. (Crédit photo : Wikipédia)

Le Nouveau-Brunswick dénombre près de 235 000 francophones, la seconde population francophone à l’extérieur du Québec, après l’Ontario. Même s’ils sont présents un peu partout à travers la province, la majorité d’entre eux réside dans le Nord-Est et le Sud-Est. D’autres francophones vivent dans le Nord-Ouest, près de la frontière avec le Québec. La presque totalité d’entre eux est originaire du Canada. Plusieurs médias sont présents pour les Acadiens du Nouveau-Brunswick. Huit journaux, dix stations de radio et des chaînes de télévision communautaires desservent, avec Radio-Canada, à Bathurst, à Moncton et à Edmundston.

Pour en savoir plus

-Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (http://www.cenb.com/)

-La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (http://www.ssmefnb.ca/)

-L’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick (http://www.aaapnb.ca/)

-L’Association des radios communautaires acadiennes du Nouveau-Brunswick (http://www.arcanb.ca/home.php)

-Le Théâtre l’Escaouette (http://escaouette.com/nos-spectacles/)

La Fédération des communautés francophones et acadiennes assure la défense et la promotion des droits et intérêts des francophones vivant dans neuf provinces et trois territoires au Canada. Crée en 1975, la FCFA est la voix nationale de 2,7 millions de francophones. Elle agit à titre de chef de file des organismes et institutions voués au développement des francophonies. Elle fait connaitre davantage leur diversité au Québec et consolide les liens de collaboration avec la société civile et avec le gouvernement du Québec. www.fcfa.ca