Mieux se connaître!

Colombie-Britannique : la francophonie aux portes du Pacifique

Le Festival d’été francophone se tient à Vancouver, au mois de juin. (Crédit photo : Corridor Canada)

Plus de 71 000 francophones résident en Colombie-Britannique. On les retrouve un peu partout, dans les grands centres urbains de Vancouver et de Victoria. La majeure partie des Franco-Colombiens est concentrée dans le sud-ouest, dans la vallée du Fraser. Cette population de Colombie-Britannique est l’une des plus diversifiées au Canada. Plus de 50% des Franco-Colombiens ne sont pas originaires de la province et 30% d’entre eux sont nés à l’étranger. Il faut aussi souligner que la Colombie-Britannique compte plus de 316 000 personnes qui ont une connaissance du français. Il s’agit du plus grand nombre de francophiles à l’ouest de l’Ontario.

 

Des forces francophones

Le domaine artistique est le plus bel exemple du dynamisme franco-colombien. Le Festival d’été francophone de Vancouver, un rendez-vous incontournable de la scène culturelle à l’ouest du Québec, se tient chaque année depuis 1990. Pendant dix jours, des artistes du Canada et de l’étranger défilent sur la scène située sur la 7e Avenue. Plusieurs artistes du Québec ont été des têtes d’affiches du Festival : Robert Charlebois, Patrice Michaud, Grégory Charles, Paul Piché et les Cowboys Fringants, pour n’en nommer que quelques-uns. Ce festival n’est qu’un exemple de la vitalité francophone en Colombie-Britannique.

 

En arts de la scène, la compagnie de théâtre La Seizième, fondée en 1974, est la principale troupe professionnelle francophone de la province. Elle s’est fait connaître pour avoir présenté plusieurs pièces célèbres au fil des ans, comme Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay et la face cachée de la lune de Robert Lepage. D’autres productions comme cette fille-là et Apocalypse à Kamloops ont été encensées par la critique.

 

La scène musicale franco-colombienne brille aussi. Ces artistes font leur marque dont Joëlle Rabu, connue pour reprendre les grands succès d’Édith Piaf. L’auteure-compositrice-interprète Isabelle Longnus est également un autre talent franco-colombien et elle a collaboré avec Luc de Larochellière et Serge Fiori. Il ne faut pas oublier la chorale francophone Les Échos du Pacifique. Au cours de son histoire, ses membres ont pris part à plusieurs évènements, comme l’Exposition internationale de 1986 et les Jeux olympiques d’hiver de 2010, évènements tenus à Vancouver. Cette formation a aussi accompagné Gilles Vigneault, lors de son passage au Théâtre Orpheum de Vancouver.

 

Côté littéraire, plusieurs auteurs font rayonner la francophonie. Il faut toutefois noter que ces auteurs sont d’origines diverses. André Lamontagne (Québec) et David Bouchard (Saskatchewan) sont Canadiens, tandis que Pernelle Sévy (France), et Ying Chen (Chine) sont nés à l’étranger.

 

Pour donner une scène aux artistes francophones, des centres culturels ont été mis en place à Victoria, à Vancouver et à Kelowna. Le Conseil culturel et artistique francophone de la Colombie-Britannique coordonne l’ensemble des activités.

 

Le milieu économique n’est pas en reste. Les Franco-Colombiens sont présents en éducation, en santé, en loisirs-hébergement et en commerce de détail. Sous l’égide de la Société de développement économique de la Colombie-Britannique, des projets et opportunités sont mis de l’avant dans des domaines comme le tourisme, l’agroalimentaire, l’économie verte et les vignobles.

 

Un peu d’histoire

Les francophones ont toujours fait partie de l’histoire de la Colombie-Britannique. Lorsque l’explorateur britannique Alexander Mackenzie tente de trouver une route vers le Pacifique en passant par les Rocheuses, six Canadiens français sont à ses côtés. D’autres découvreurs britanniques, comme Georges Simpson, Simon Fraser et David Thompson, vont également recourir aux services de Canadiens français. En 1843, un missionnaire catholique de Lévis, Modeste Demers, arrive au Fort Victoria (aujourd’hui la ville de Victoria). Soutenu par des prêtres oblats français et belges, et de sœurs de la Congrégation de Sainte-Anne de Montréal, il met sur pied des écoles, des églises et des hôpitaux dans la région de Vancouver et dans la vallée de l’Okanagan.

Le fort Victoria, au milieu du 19e siècle. (Crédit photo: Wikipédia)

Au moment de l’entrée de la Colombie-Britannique dans la fédération canadienne (1871), les francophones travaillent dans les principales industries de la province : mines, transports, pêcheries, agriculture et foresterie. C’est d’ailleurs ce dernier domaine qui va mener à la formation de la plus célèbre communauté francophone de Colombie-Britannique : Maillardville. Au début du 20e siècle, des centaines de travailleurs forestiers francophones du Québec et de l’Ontario vont s’installer près de Fraser Mills, pour former Maillardville, une municipalité qui fait maintenant partie de la ville de Coquitlam.

 

Il faut attendre en 1977 pour voir naître un programme scolaire francophone reconnu par le gouvernement provincial. Vingt ans plus tard, la loi scolaire est amendée, afin de donner aux francophones le droit de gérer leurs propres écoles, ce qui deviendra réalité deux ans plus tard. Aujourd’hui, le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique gère les 30 écoles francophones de la province. Le Collège Éducacentre de Vancouver est l’unique collège francophone de Colombie-Britannique, tandis que l’Université Simon Fraser de Burnaby dispense des programmes en français en éducation, en sciences sociales et en lettres.

 

Les Franco-Colombiens bénéficient d’un journal hebdomadaire bilingue (La Source), une radio communautaire (CILS-FM) et des chaînes de radio (ICI Première et ICI Musique) et une station de télévision de Radio-Canada, basées à Vancouver.

Franco-Colombiens (Crédit photo : Corridor Canada – Stéphanie Lamy)

Des occasions pour s’amuser

À l’image des autres francophonies canadiennes, les Franco-Colombiens organisent des festivals pour vivre et promouvoir la langue et la culture. En plus du Festival d’été francophone de Vancouver, il y a le Festival de la francophonie (Victoria), le Festival du bois de Maillardville, le Festival de l’érable (Kelowna) et des festivals d’hiver à Prince Rupert et à Prince George. À cette liste s’ajoute le concours musical Pacifique en chanson de Vancouver.

Pour en savoir plus

-La Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (https://www.ffcb.ca/)

-La Société de développement économique de la Colombie-Britannique (https://www.sdecb.com/)

-Le Théâtre La Seizième (http://seizieme.ca/fr/)

-Le Conseil culturel francophone et artistique de la Colombie-Britannique (http://www.ccafcb.com/)

-La Société francophone de Maillardville (http://www.maillardville.com/fr/)

La Fédération des communautés francophones et acadiennes assure la défense et la promotion des droits et intérêts des francophones vivant dans neuf provinces et trois territoires au Canada. Crée en 1975, la FCFA est la voix nationale de 2,7 millions de francophones. Elle agit à titre de chef de file des organismes et institutions voués au développement des francophonies. Elle fait connaitre davantage leur diversité au Québec et consolide les liens de collaboration avec la société civile et avec le gouvernement du Québec. www.fcfa.ca