Mieux se connaître!

Alberta : le français au pays de la rose sauvage

À chaque année en février, lors du Carnaval de Saint-Isidore, les visiteurs peuvent se régaler de mets comme la tourtière. (Crédit photo : Comité culturel de Saint-Isidore)

Où peut-on déguster de la tourtière en Alberta?

Depuis 1983, le Carnaval d’hiver de Saint-Isidore se tient dans la municipalité du même nom, située dans le nord-ouest de l’Alberta. Des milliers de visiteurs prennent part aux célébrations. Le carnaval est reconnu pour permettre aux festivaliers de goûter à des mets très appréciés des Québécois, comme la poutine et la tourtière du Lac-Saint-Jean. Ce choix de la tourtière n’est pas banal, car Saint-Isidore partage un lien important avec le Lac-Saint-Jean. En 1953, sept familles d’agriculteurs ont quitté le Lac-Saint-Jean pour s’installer à Saint-Isidore. Saint-Isidore représente en plus la joie de vivre et est un exemple du dynamisme de la communauté franco-albertaine.

Une francophonie qui se démarque

Les Franco-Albertains excellent dans plusieurs domaines. En théâtre, UniThéâtre, basé à Edmonton et fondé en 1992, a reçu le prestigieux Prix Elizabeth Sterling Hayes. Cette distinction honore l’excellence théâtrale dans la région de la capitale, Edmonton. À Calgary, le Théâtre à Pic existe depuis 2009.

En littérature, une figure majeure est l’écrivaine Nancy Huston. Honorée plusieurs fois, elle remporte le Prix littéraire du Gouverneur général pour son roman Cantique des Plaines. D’autres auteurs franco-albertains se distinguent, dont le conteur Roger Dallaire. Ce dernier a présenté plusieurs spectacles avec le conteur Fred Pellerin.

En musique, plusieurs festivals permettent aux publics d’offrir leur talent. Le plus important d’entre eux est le Festival Edmonton Chante, organisé depuis une quinzaine d’années.

Les Franco-Albertains sont aussi présents en danse, en théâtre et en arts visuels. Ces manifestations artistiques se déroulent à Bonnyville (Vols au Vent), à Edmonton (Zéphyr), à Saint-Paul (Blés d’or) et à Saint-Isidore (Plein Soleil). Plusieurs évènements cinématographiques sont organisés par la société cInéMagine, dont la Nuit des courts-métrages et les Rendez-Vous cInéMagine. Far West Productions, quant à elle, produit également du contenu cinématographique bilingue. De son côté, le Centre des arts visuels de l’Alberta est une plateforme majeure pour la diffusion de l’art visuel franco-albertain, dont la figure la plus connue est le sculpteur Herman Poulin. Ce dernier a réalisé plusieurs œuvres, dont le monument Empreinte francophone. Situé à Edmonton, ce monument honore la présence francophone en Alberta.

Un esprit festif

Les Franco-Albertains organisent plusieurs festivals. En juillet de chaque année, la Fête franco-albertaine permet, pendant trois jours, aux participants d’assister à des performances musicales. À Falher, le Festival du Miel met en avant-scène l’industrie apicole de la municipalité. À Calgary, le Festival des sucres permet autant aux francophones qu’aux anglophones de découvrir les joies des produits de l’érable. Finalement, le Festival Flying Canoë volant d’Edmonton présente les traditions culturelles canadiennes-françaises et métisses.

Dévoilé le 28 juin 2007 sur les terrains de l’Assemblée législative de l’Alberta, le monument Empreinte francophone du sculpteur Herman Poulin inclut les empreintes de 1 166 Franco-Albertains. (Crédit photo : Edmonton Maps Heritage)

Une économie francophone

Les francophones de l’Alberta ont aussi fait leur place en économie. Beaucoup d’entre eux travaillent dans les domaines traditionnels : agriculture, pétrole et mines. On les retrouve aussi dans le domaine de la construction, dans la fonction publique, en administration et en finance. Le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDEA) est le principal organisme d’aide au développement économique des Franco-Albertains.

Un peu d’histoire

Pierre de La Vérendrye est le premier explorateur à visiter la région de l’Alberta, en 1742. Neuf ans plus tard, le fort La Jonquière est établit par Joseph-Claude Boucher de Niverville, officier français d’origine canadienne. Le fort se trouvait près de l’emplacement actuel de Calgary. Toutefois, c’est au milieu du 19e siècle que les premiers colons francophones vont s’installer en Alberta. En 1861, le père oblat Albert Lacombe, né au Québec, fonde la mission de Saint-Albert, au nord d’Edmonton. La chapelle qu’il a fait ériger à ce moment-là est toujours debout aujourd’hui; il s’agit du plus vieux bâtiment en Alberta. Dans les décennies suivantes, d’autres municipalités francophones vont être fondées dans le nord et le nord-ouest de l’Alberta, régions où beaucoup de colons francophones du Québec et des États-Unis vont s’installer pour profiter des terres fertiles.

Pendant ce temps dans le sud de l’Alberta, une première mission francophone va être établie aux confluents des rivières Bow et Elbow. Le père français Léon Doucet et le commandant Éphrem Brisebois, de la troupe de la Police à cheval du Nord-Ouest (maintenait la Gendarmerie royale du Canada), fondent fort Brisebois en 1875, où se trouve aujourd’hui Calgary. Depuis 1956, Calgary a un accord de jumelage avec Québec.

À partir des années 1960, la situation des droits des Franco-Albertains s’améliore. En 1968, la législation albertaine en matière d’éducation est modifiée afin d’élargir les règles de l’enseignement en français. Jean-Claude Mahé, Angéline Martel et Paul Dubé entreprennent des démarches afin que les Franco-Albertains obtiennent la gestion de leurs écoles, ce qui sera accordé en 1993. En 2016-2017, plus de 8 000 étudiants fréquentent le réseau scolaire francophone, dans une quarantaine d’écoles. Le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta à Edmonton offre en plus des programmes d’études en français au niveau collégial qu’universitaire.

Aujourd’hui, plus de 86 000 francophones habitent en Alberta. Ils sont présents tant à Calgary qu’à Edmonton, mais aussi dans le nord-ouest et le nord de la province. Les Franco-Albertains bénéficient d’un journal provincial publié aux deux semaines, d’une station de télévision communautaire (Alta TV) et de radios communautaires basées à Edmonton, à Rivière-la-Paix et à Plamondon-lac La Biche. Radio-Canada est présente en Alberta, avec une station de télévision, deux chaînes de radio (ICI Première et ICI Musique) et un site Internet d’information pour chacune des deux stations de Calgary et d’Edmonton.

Jeunes Franco-Albertains (Crédit photo : Express de Toronto)

Pour en savoir plus

-L’Association canadienne-française de l’Alberta (http://www.acfa.ab.ca/)

-La Société historique francophone de l’Alberta (https://www.shfa.ca/index.php)

-Le Festival des sucres de Calgary (https://www.calgarymaplefest.com/)

-Le journal Le Franco (https://lefranco.ab.ca/)

-Tourisme Alberta (https://tourismealberta.ca/)

La Fédération des communautés francophones et acadiennes assure la défense et la promotion des droits et intérêts des francophones vivant dans neuf provinces et trois territoires au Canada. Crée en 1975, la FCFA est la voix nationale de 2,7 millions de francophones. Elle agit à titre de chef de file des organismes et institutions voués au développement des francophonies. Elle fait connaitre davantage leur diversité au Québec et consolide les liens de collaboration avec la société civile et avec le gouvernement du Québec. www.fcfa.ca